lundi 21 janvier 2013

À Propos d’une image radio-claire de l’angle mandibulaire chez un enfant de huit ans



Un garçon de huit ans est adressé en milieu hospitalier par un pédodontiste pour avis diagnostic et traitement éventuel à la suite d’une découverte radiographique fortuite sur l’orthopantomogramme (OPT) d’une image radio-claire localisée à l’angle mandibulaire gauche (fig. 1).
L’anamnèse est sans particularité : pas d’antécédent médical ni chirurgical chez cet enfant en bonne santé apparente.
Aucune notion  de traumatisme ni d’épisode de tuméfaction mandibulaire ou latérocervicale ne sont
relatés.
L’examen clinique exobuccal est strictement normal  (aucune déformation des contours osseux, absence d’adénopathie cervicale).
L’examen enduboccal ne met en évidence ni déformation de la corticale osseuse vestibulaire gauche, ni fistule muqueuse, ni altération de la sensibilité cutanéomuqueuse dans le territoire du V3, ni mobilité dentaire adjacente.
L’orthopantomogramme montre une image radio-claire de type monogéodique unique située dans la région angulomandibulaire gauche sous le canal alvéolaire inférieur, d’un diamètre de l’ordre de centimètre. Le contour de la lésion est continu. La lésion est à distance de tout élément dentaire.









Quels examens complémentaires réalisez-vous?

Quelle prise en charge proposez-vous ?




Réponses
Une tomodensitométrie permet de situer avec plus de précision la lésion osseuse dans les trois dimensions de l’espace et ses rapports avec les éléments anatomiques voisins (fig. 2, 3).
Diagnostics différentiels
Ils regroupent l’ensemble des lésions radio-claire bien délimitées [1]. La conservation de la vitalité pulpaire des dents adjacentes et, ici, la localisation à distance des éléments dentaires permettent d’éliminer les kystes odontogénes et la lacune de Stafne [2]. Le kyste essentiel, le kyste épidermoïde, le granulome réparateur central et l’améloblastome font partie, au contraire, des diagnostics sageables [3].


Prise en charge thérapeutique
Une intervention sous anesthésie générale est programmée étant donné le jeune âge de l’enfant. L’aspect bénin initial de la lésion n’a pas justifié une biopsie préalable. Un abord endobuccal, avec incision linéaire muqueuse jusqu’au contact osseux réalisée en regard de germe de la dent 35 sur une distance de 4 cm sous la ligne de jonction mucogingivale vestibulaire, permet l’insertion d’une lame malléable exposant la corticale externe et la trépanation osseuse conduisant à une cavité osseuse vide (fig. 4). Il n’est pas retrouvé de paroi kystique. Néanmoins, un curetage minutieux permet le recueil de petits fragments osseux confiés au laboratoire d’anatomopathologie.
Le diagnostic est ici quasiment réalisé en peropératoire. La cavité est entièrement vide. Seul l’examen anatomopathologique permet de poser le diagnostic de certitude : kyste essentiel ou traumatique ou hémorragique. Une très fine membrane conjonctive riche en fibroblaste et tatoués de grains d’hémosidérine est observée à l’examen microscopique. Le contenu cavitaire est inexistant. Les suites opératoires sont simples. Cette trépanation corticale est suffisante pour stimuler la régénération osseuse par le biais probable d’une réorganisation du caillot sanguin formé [4]. Une surveillance radiographique est proposée, la guérison est favorable en règle générale sans récidive.




















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